Achille Mbembe

Achille Mbembe - On The Restitution Of African Art Objects

"On the Restitution of African Art Objects" by Achille Mbembe

Lecture 1: "African Objects in Western Thought"
Chair: Hlonipha Mokoena
Date: March 6, 2019

Lecture 2: "People and Things in African Systems of Thought”
Chair: Pamila Gupta
Date: March 13, 2019

Lecture 3: "Debt, Reparation, Restitution"
Chair: Richard Rottenburg
Date: March 20, 2019

Held at the Wits Institute for Social and Economic Research (WiSER),
University of the Witwatersrand, Johannesburg, South Africa

L'Afrique demande la restitution de biens culturels

Title: L'Afrique demande la restitution de biens culturels / Restitution von Kunstschätzen: Afrika will Fakten schaffen
Author: Luis Nicolas Jachmann
Media Outlet: Arte
Publish Date: January 2, 2019

“Le numérique offre de nouvelles possibilités car cet espace démocratique « n’est pas encore colonisé », comme le constate Al-Badri. « Il comporte un fort potentiel d’émancipation », mais, pour l’artiste, se contenter de numériser les objets qui se trouvent en Europe pour en envoyer une copie en Afrique n’est pas une bonne solution. Cela équivaudrait « à ne rien vouloir changer. Ce serait le pire usage que l’on puisse faire de la numérisation ».”

“Neue Möglichkeiten biete das Digitale, weil dieser demokratische Raum „noch nicht kolonisiert ist“, wie Al-Badri feststellt. „Es gibt ein großes emanzipatorisches Potential“, sagt sie. Die Objekte in Europa hingegen schlichtweg zu digitalisieren und eine Kopie nach Afrika zu schicken, sei der falsche Weg. Das stünde dann wieder für den Pfad, „nichts verändern zu wollen. Das wäre das Schlechteste, was man aus der Digitalisierung machen könnte“, sagt Al-Badri.”

 

« La vérité est que l’Europe nous a pris des choses qu’elle ne pourra jamais restituer »

Title: « La vérité est que l’Europe nous a pris des choses qu’elle ne pourra jamais restituer »
Author: Achille Mbembe
Media Outlet: Le Monde
Publish Date: December 1, 2018

“(…) Comme n’ont eu de cesse de le souligner les auteurs du rapport, au-delà de la restitution matérielle des artefacts, l’objectif est de recréer les conditions d’une relation faite de réciprocité et de mutualité. Il ne s’agit pas, comme l’insinuent certaines critiques malveillantes, de vider les musées de France. Il s’agit de réparer un tort historique et d’offrir à la France la chance de fonder sur d’autres bases sa relation avec l’Afrique, aux fins de ce qu’il faut appeler le bien du monde.”

Achille Mbembe : « La restitution des œuvres est l’occasion pour la France de réparer et de réinventer sa relation avec l’Afrique »

Title: Achille Mbembe : « La restitution des œuvres est l’occasion pour la France de réparer et de réinventer sa relation avec l’Afrique »
Author: propos recueillis par Nicolas Truong
Media Outlet: Le Monde
Publish Date: November 28, 2018

“(…) Son objectif, comme le soulignent les auteurs du rapport, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, est de recréer les conditions d’une relation faite de réciprocité et de mutualité. Il ne s’agit pas de punir la France ou de lui demander de se repentir, mais de réparer sa relation avec l’Afrique, aux fins de ce qu’il nous faut appeler « le bien du monde ». La restitution est un élément déterminant pour la restaurer et la réinventer. C’est en ce sens que le principe de la restitution est, pour moi, un principe incontestable qui permet d’allier droit et justice.”

Œuvres d’art africain : restitution et réparation sont indissociables

Title: Œuvres d’art africain : restitution et réparation sont indissociables
Author: Achille Mbembe
Media Outlet: Jeune Afrique
Publish Date: March 13, 2018

“(…) Restituer ces objets signifie les libérer afin qu’ils retrouvent une nouvelle vie et qu’en retour ils puissent féconder les forces de vie. Cela signifie faire en sorte qu’ils soient vus autrement. Par d’autres, y compris par leurs légataires légitimes. (…) Tout acte de restitution ou de réparation engage la restauration d’un droit et la reconnaissance du dommage causé. Encore faut-il, comme le montre l’exemple sud-africain, ne pas faire de la justice l’instrument de la vengeance. (…) Mais ce n’est pas parce qu’il y a eu de l’irréparable ou parce qu’il faut assumer la perte qu’il faut abandonner la demande de réparation, c’est-à-dire le projet d’une société solidaire capable de se réinterpréter et d’ouvrir pour elle-même et pour l’humanité des chemins nouveaux.”