Felwine Sarr

British Museum 'has head in sand' over return of artefacts

Title: British Museum 'has head in sand' over return of artefacts
Author: Lanre Bakare
Media Outlet: The Guardian
Publish Date: June 21, 2019

The authors of an influential report on colonial-era artefacts, which recommended a restitution programme to transfer hundreds of items from European institutions to Africa, have criticised the British Museum for acting like “an ostrich with its head in the sand”.

(…) “There’s a symbolic dimension around property rights,” added Savoy. “If you can loan your objects you are respected in the museum world because you can impose your will and conditions. In the capitalist sphere being able to loan gives you power and it means you can impose your own rights.”

Entretien entre Felwine Sarr et Patrick Boucheron : “La société française est la plus rétive à l’inégalité”

Title: Entretien entre Felwine Sarr et Patrick Boucheron : “La société française est la plus rétive à l’inégalité”
Author: David Doucet
Media Outlet: Les Inrocks
Publish Date: January 29, 2019

Felwine Sarr : (…) il y a également eu énormément de choses intéressantes qui se sont dites, y compris dans le camp des conservateurs. Les voix ne sont pas unanimes, il y a des clivages, des conflits générationnels, mais également des discours réellement progressistes, qui sont venus enrichir le débat. Je suis persuadé qu’il y a quelque chose d’irréversible dans la mise en débat. Une question est posée et ouvre une multitude de problématiques et de perspectives, et on ne peut plus “ranger” la question.

(…) Le reproche facile était de nous installer dans une forme de nostalgie ou de retour sur l’histoire coloniale que l’on essaierait de “solder” à mauvais compte. Notre démarche n’est pas celle-là. Nous désirions faire le point sur l’histoire des objets : comment ces objets furent acquis ? Quel a été le geste de leur appropriation ? Cette arithmétique précise des choses est nécessaire pour réfléchir à la restitution. On ne peut pas comprendre et expliquer pourquoi les objets sont ici et pas ailleurs en faisant l’impasse sur l’histoire, et en particulier l’histoire coloniale de la France. L’idée n’est pas de pointer un doigt accusateur ad vitam aeternam, mais de contribuer par un acte de justice à la mise en place d’une nouvelle relationalité et d’une nouvelle économie de l’échange. Or, cela, c’est précisément une histoire que l’on écrit au présent. On peut être héritier d’une certaine histoire, mais nous avons le choix d’établir une autre forme de relationalité à partir d’un moment que l’on choisit. Nous sommes responsables de ce processus.

"Il existe un lobby anti-restitution des oeuvres d'art"

Title: "Il existe un lobby anti-restitution des oeuvres d'art"
Author: Vincent Hugeux
Media Outlet: L’Express
Publish Date: January 26, 2019

L'Express : Que nous enseigne l'ardente polémique déclenchée par votre rapport? 

Elle nous dit combien l'enjeu de la restitution dévoile l'impensé de la relation au continent africain, de la manière dont la France produit de l'altérité, pense ses liens avec les autres. Voici une situation d'une absolue évidence : 90 % du patrimoine africain se trouve dans l'Hexagone. L'Afrique subsaharienne est l'une des régions du monde qui ont subi l'expatriation la plus massive de leur patrimoine. Admettons simplement qu'il existe un profond déséquilibre auquel il faut remédier, déséquilibre enchâssé dans un mode de relation né dans le temps colonial, et qui n'a plus cours. Qu'un tel constat soulève tant d'affect et de passion montre à quel point le travail sur l'Histoire reste à faire. "

Senegal’s Museum of Black Civilizations Welcomes Some Treasures Home

Title: Senegal’s Museum of Black Civilizations Welcomes Some Treasures Home
Authors: Dionne Searcey and Farah Nayeri
Media Outlet: The New York Times
Publish Date: January 15, 2019

“(…) Felwine Sarr, the co-author of the French restitution report (who is Senegalese), said the government of Senegal would soon formally ask for the restitution of the sword, which had been previously lent to Senegal in 2006 and 2008, as well as other items from the Musée de l'armée, Quai Branly, and Le Havre. Mr. Sarr estimated that the number of artifacts Senegal would demand might total “a few dozen objects.” He said Senegal was not about to demand the return of all works of Senegalese origin at Quai Branly, which that museum has estimated at 2,249.

(…) On a recent morning, Yaya Ngom, a 53-year-old artist from Dakar who specializes in interior design, was perusing the new exhibits. He said most Africans know about their history and heritage only through books and documentaries — and most of those are rarely produced by Africans. The museum, he said, “is a significant turning point for us as a continent to be able to know about ourselves through our very own teachings and rewrite our own history through these objects.”

Bénédicte Savoy et Felwine Sarr : « Restituer des œuvres d’art pour changer le rapport à l’autre »

Title: Bénédicte Savoy et Felwine Sarr : « Restituer des œuvres d’art pour changer le rapport à l’autre »
Authors: Bénédicte Savoy et Felwine Sarr
Media Outlet: Le Monde
Publish Date: November 30, 2019

“(…) La réaction de certains conservateurs de musées, de certains magazines spécialisés en art, et surtout de ceux qui se considèrent comme les gardiens d’un patrimoine mis en danger par une simple exigence d’équité, est symptomatique d’une incapacité de leur part à questionner leur rapport aux autres et l’imaginaire qui le sous-tend. Certains trouvent insupportable qu’on leur rappelle que la propriété des œuvres dont ils se sont prévalus jusque-là est illégitime, car elle est fondée sur un geste d’appropriation moralement condamnable que le passage du temps n’absout pas, mais le soin apporté à la relation peut restaurer l’équité. La question centrale est bien celle-là. La France a dépossédé ses anciennes colonies de l’Afrique occidentale française et de l’Afrique équatoriale française de leur patrimoine culturel et ce n’est que justice qu’elle consente, après soixante-dix ans d’indépendance, à leur rendre une part significative (symboliquement, qualitativement ou quantitativement) de ce patrimoine.”

France : le patrimoine africain de retour en Afrique ?

Title: France : le patrimoine africain de retour en Afrique ?
Media Outlet: Arte (video)
Publish Date: November 27, 2018

Bénédicte Savoy, historienne de l’art, professeure au Collège de France, et Felwine Sar, écrivain et universitaire, ont remis à Emmanuel Macron leur rapport sur la restitution du patrimoine africain. Ce document dresse un inventaire des objets concernés et donne des pistes juridiques sur les conditions de leur retour en Afrique. Des préconisations qui font déjà débat.

Frankreichs Präsident Macron will mit kolonialen Traditionen brechen und afrikanische Kunstwerke den Herkunftsländern zurückgeben. Die französischen Museen sehen die Entwicklung mit Sorge, denn das würde auch für die Kunstwerke gelten, für die eben nicht nachgewiesen werden kann, dass sie gestohlen wurden.

Cette réunion à l’Elysée où la restitution des œuvres d’art africaines est devenue réelle

Title: Cette réunion à l’Elysée où la restitution des œuvres d’art africaines est devenue réelle
Author: Maryline Baumard
Media Outlet: Le Monde
Publish Date: November 25, 2018

Pour convaincre le public de TV5 Monde, comme ils ont convaincu l’Elysée, les deux auteurs du rapport, qui sort en livre ce mardi, (Restituer le patrimoine africain chez Philippe Rey/Seuil 190 pages, 17 euros), rappellent comment à Bafoussam au Cameroun (plus précisément à Foumbam), les chefs traditionnels conservent leur patrimoine. « C’est une manière excessivement différente de ce qu’on connaît dans les musées occidentaux, estime l’historienne. Il y a des objets qu’on peut sortir des musées pour certains rituels et qui y retournent ensuite ». Felwine Sarr ajoute même que « les sociétés sont imaginatives » et ont inventé « une pluralité de mode d’accueil » qui ne passe pas toujours par « le musée classique très XIXe siècle ». Il « a sa cohérence interne, estime l’économiste, mais n’est pas le seul modèle ». Pour l’auteur d’Afrotopia, essai majeur sur l’avenir de l’Afrique, « un universel qui se respecte est pluriel et prend en compte la pluralité des occurrences ». Autre façon de dire qu’il faudrait un peu sortir de l’idée que le vieux monde est le seul à être capable de conserver des pièces artistiques et que le musée est le seul modèle qui vaille pour entreposer l’art.

Aujourd’hui, deux jours après la remise du rapport, Felwine Sarr espère que ces avancées sur l’art, esquissent aussi une autre politique plus globale entre la France et l’Afrique. « Ce qui s’écrit là va plus loin que le retour d’œuvres d’art. Ces objets deviennent les médiateurs d’une nouvelle relation », ajoute l’intellectuel. « Souvent le débat se limite aux discussions techniques… Mais ce que les sociétés africaines réclament c’est un acte de considération », pointe encore celui qui ajoute que « l’espace artistique est un espace symbolique. Un espace tectonique. Si cet espace se met en mouvement ça déborde sur les autres lieux de la relation ».

Les grands changements dans les sociétés sont déjà dans les imaginaires avant de déchirer la trame de l’histoire (…). L’espace de l’imaginaire a une puissance disséminatrice excessivement forte. Pour moi le grand enseignement à tirer c’est que si on refonde les modalités relationnelles dans cet espace-là, on peut les refonder ailleurs dans l’espace économique, dans l’espace du politique et je ne vois aucune raison pour qu’on ne puisse pas le faire », insiste celui qui estime que l'« art est un levier pour le reste ». « Il y a un moment où on ne peut plus aller contre l’histoire », ajoute pour sa part Bénédicte Savoy.”

A qui appartient la culture ?

Title: A qui appartient la culture ?
Media Outlet: France Culture
Publish Date: November 23, 2019

“Nous recevons Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, ainsi que Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, auteurs du rapport sur la restitution des œuvres d'art aux pays d'Afrique subsaharienne qui doit être remis vendredi 23 novembre au président de la République.”